JOURNAL DE LA DIVA – CHAPITRE 4
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Paris, Montmartre. octobre 2008
Les jours passent, des chansons naissent ? C’est un automne fructueux qui brasse des mots, des notes, des états et des gens… Aller à Montmorency c’est mon quotidien, avec Fred Château nous sommes de plus en plus complices, on rit, on essaie des chansons et on mange des gâteaux ! Il y a quelques jours j’ai rencontré par le biais de Fred Delliaux un nouvel auteur Thierry Surgeon… Un garçon timide, étrange et d’une sensibilité étonnante. Il est en train d’écrire son premier roman et dit avoir besoin d’une récréation. Il écrit violent, érotique, dirige et mêle les mots dans des directions opposées, créant des paradoxes d’une poésie extrême.
Ce projet d’album réunit des plumes qui se complètent et me font penser qu’il est bon de s’abandonner aux sons des mots des autres. Une fois encore, c’est le désir qui mène la danse dans cette histoire. Thierry me cherche dans ses refrains. « En scène comme deux figurants, cœur défiguré par la boxe du temps ». J’adore cette phrase. J’aime immédiatement les métaphores de Thierry et la manière dont il tord le cou aux mots de tous les jours. Chateau lui dit un jour qu’il a lu dans le magazine « Elle » qu’en amour, il y en a toujours un qui souffre pendant que l’autre s’ennuie. Thierry a l’air assez d’accord avec cette idée là. Je suis curieuse de savoir où ça les mènera. Moi j’observe en souriant. C’est comme de connaître la réponse avant que la question ne soit posée …
Chateau, c’est un super papa qui vit dans sa grande maison, qui essaie de ne plus passer de nuits blanches à composer pour vivre avec les siens le jour, qui tente de freiner sa passion pour ne plus qu’elle envahisse son quotidien. Il aspire à une vie simple, comme il dit, et pourtant… pourtant Fred dégage un mystère qui dit tout le contraire. Il est « border line », dans le bon sens du terme. Il court après le rationnel pour rendre les gens autour de lui heureux, mais il a cette passion qui le dévore et parfois même le dépasse. Fred s’exprime essentiellement par l’intermédiaire de son piano. La communication avec Chateau, c’est bien au delà des mots. J’ai mis un certain temps à le comprendre et aujourd’hui, je l’apprécie d’autant plus. Un jour il nous fait écouter à Thierry et à moi, une mélodie dramatique digne d’un bon vieux Péplum, sur laquelle cette phrase est posée comme un gimmick : « Dans la nuit l’un souffre, l’autre s’ennuie »… C’est ainsi que ces deux écorchés vifs accouchent d’une chanson sur deux amoureux qui se perdent dans les méandres de la vie en couple. Il y a parfois des thèmes dans lesquels on se reconnaît tous. Quel que soit le parcours que l’on a, les histoires d’amour qu’on a vécues, et les blessures qu’on porte, la vie est définitivement un sacerdoce… même si on n’est pas fait pour vivre seul !



