10
mar

JOURNAL DE LA DIVA – CHAPITRE 3

 

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Paris, Quartier de l’Etoile, 5 Septembre 2008

 

Avec Pierre-Yves, le début d’une histoire sans paroles….

Pour faire plaisir à Fred, un certain Pierre-Yves Lebert a écrit « Venise 2037 ». Il ne sait pas vraiment qui je suis, mais par curiosité il accepte tout de même de me rencontrer.

Le monsieur a une plume des plus originales et j’aimerais tellement qu’il m’écrive d’autres texte comme « Venise… «

Nous avons rendez vous au café de la Grande Armée » près de la place de l’Etoile pour un petit déjeuner. L’homme étant sensible au charme féminin m’a t’on dit, j’ai tenté quelques atouts. J’arrive les yeux encore plein de sommeil  mais le teint halé, les cheveux au vent le décolleté généreux. Il parait.

Je laisse les Fred parler de ce futur album que nous préparons… la rencontre de la pop, du classique de l’opéra … certains de leurs mots arrivent jusque mon cerveau embrumé. Je souris et me contente de balancer timidement quelques trucs juste à coté, et l’ours qui se trouve face à moi semble me trouver touchante. Ce matin là j’étais encore plus petite que d’habitude. Je minaudais par timidité, je ne savais pas dire ce que je voulais exactement dans cet album, je voulais juste qu’on continue de m’imaginer et pourquoi pas, qu’on perce un mystère. Celui que j’ai dans le regard, ce regard qui parfois voyage loin, très loin et qui me donne l’impression que j’ai mille ans. Ce jour là mes yeux ont peut-être embarqué  les pensées de Pierre-Yves Lebert, et il a sans doute eu envie de faire ce voyage avec moi. On se fait la bise, on se dit à bientôt.
Quelques nuits blanches me guettent. De quoi j’ai envie de parler, quels sont les sujets que j’aimerais aborder…. C’est pas clair dans ma tête. Une nuit, j’écris un mail à Pierre-Yves, et je lui conte qui je suis, ce qui me fait peur, sur quoi je  suis construite….

Quelques jours plus tard, le texte « entre l’amour et le confort » fait déborder  ma boîte mail. Magique. De son côté, Fred (Château) lui fait des notes, des partitions. Il m’étonne de jours en jour. Ma garde rapprochée semble fascinée par le projet. Leur enthousiasme emporte mes dernières réticences. Au diable le formatage radio, les chanteuses de variété, les chansons universelles et l’introspection douloureuse. Cet album sera unique C’est un retour au source de la voix et du désir de faire partage de l’émotion

 

octobre 2008

 

Mes anciens amours ne ce sont jamais bien loin…. Pascale Schembri m’a déjà écrite sensible, en colère ou osée par le passé… elle m’a entendu femme enfant et aujourd’hui je lui raconte l’amoureuse que je suis. On est en période de vacances scolaires elle peut s’échapper quelques jours de sa Provence, et de son boulot de maman pour affronter le brouhaha des trottoirs parisiens et les regards frénétiques des passants. Elle se sent comme une étrangère quand elle se retrouve à Paris. C’est une femme qui a eu plusieurs vies Pascale, j’en suis certaine. C’est une femme libre qui respire au rythme de ce que son esprit désire.

L’auteur qu’elle est, vénère tous les genres de mots et de maux (enfin de maux dans le sens blessures évidement) elle s’en inspire et les expire dans un souffle généreux… elle ne juge pas, et c’est ça aussi que j’aime chez Pascale. Alors je lui raconte l’histoire d’une  amoureuse qui aime jusqu’à s’en oublier et qui même finir par détester quand elle sent la fin arriver. Une femme qui pense tout donner à l’autre mais qui simplement, égoïstement  tente de satisfaire une boulimie enfantine, que même trois overdoses successives de Nutella ne rassasieraient pas.

De thé en thé chez moi, il fait doux, le ton est à la discussion, des idées fusent, le fumant du thé jasmin se dissipe et laisse place nette à une silhouette de…. geisha. Bingo, la geisha pourrait être la représentation noble de mon histoire  enfin, et j’aurais très envie d’incarner aussi ce fantasme là ! Parce que je suis un peu ça ou presque en fait… ou pas … je ne sais plus… mais le temps à se chercher n’a plus une minute à perdre et cette image me parle. Alors quelques jours plus tard, Pascale, m’e-mail  le texte de « Comme une geisha, insoumise, docile à la fois…. » Pendant ce temps-là moi je vais régulièrement chez Fred Château essayer des titres depuis quelques semaines et puis ce jour là, je suis très fière, je lui agite sous le nez le texte que je viens de recevoir de Pascale. Il le lit… puis pas un mot, pas un mot comme d’hab ! Bon faut dire que le garçon n’est pas très expansif mais je vois dans son œil que ces rimes vont bientôt lui trotter dans la tête…

 

Un jeudi de la fin d’octobre 2008 à Paris, chez Mamie dans le 18ème.

 

Je suis en plein diner familial chez… mamie !  Dring dring… Fred Château on the phone oh zut…. pour quitter la salle à manger c’est limite si je ne dois pas monter sur la table car il est impossible d’en faire le tour.  C’est un paquebot dans une piscine gonflable cette foutue table ! Plan B, j’ai le format qui s’y prête, je me faufile sous les jambes de tata, cousins, cousines, sista, direction le salon pour avoir un minimum d’intimité : « Allo oui, j’ai un truc, j’ai fait un truc, ça tue ! » J’adore sa modestie à mon Fred, ça fait partie de son charme ! « Ca fait deux heures que je la joue en boucle sur ma batterie, c’est eighties à mort, cinématographique, je te l’envoie immédiatement. Tu sais Julie l’album doit être pop aussi et je suis sure que c’est dans la direction qu’il faut aller, j’ai un truc c’est super ! ». Magie de la technologie quand elle ne me boude pas,  je reçois au même moment  son e-mail avec un MP3 en pièce jointe, que j’écoute direct sur haut parleur. La mélodie a l’air de plaire… ouai… de plaire à mes oreilles mais aussi de plaire au reste de ma famille dans l’autre pièce. Parce que je n’y entends plus rien, ni discussion, ni bruit, ni blabla, tout est calme ! Tout d’un coup ce silence est rompu par une mamie qui crie « C’est servi,  je veux TOUT LE MONDE à table !!! » Pendant que je déguste son veau au citron, j’ai dans ma tête cette mélodie de « Comme un Geisha » qui m’agace tellement elle m’obsède les oreilles. Oh ça y est j’ai envie de la chanter…

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08
mar

SORTIE DIGITALE « PLUS DE DIVA »

POCHETTE PLUS DE DIVALe nouvel album de Julie Zenatti est disponible sur les plateformes de téléchargement légal.
Sortie commerciale physique : 22 Mars 2010

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28
fév

JOURNAL DE LA DIVA – CHAPITRE 2

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Paris, 30 juin 2008 à la Bastille

 

Le temps est lourd à Paris depuis quelques semaines, ça n’arrange pas mon humeur.

Ce soir j’ai rendez vous près de la Bastille avec les deux Fred. Quelque chose m’a poussé à accepter de nouveau ce rendez-vous. Il est 21H, je suis en retard pour changer. Au programme : prendre un verre et parler musique.  L’idée m’emballe et pourtant ce Fred, qui me fait un signe, alors que je les cherche sur la terrasse, n’a visiblement pas accroché à mon personnage lors de l’anniversaire de notre amie commune. On s’est échangé quelques politesses, vannes et autres banalités sur la musique, mais on avait surtout confronté nos points de vues sur la manière de faire… cette musique, comment dire, une odeur de poudre plane encore au dessus du jardin de Laure depuis…

 

Malgré tout ça et sur l’insistance de Fred (Delliaux) nous sommes de nouveau réunis ce soir. Alors parlons peu, parlons bien, très vite Fred (Château) dégaine de sa poche, des écouteurs et son Iphone, je cite : « C’est une chanson particulière qui s’inscrit dans un contexte particulier avec une histoire particulière… » Et bla bla bla…  Grrr tout ce que je déteste entendre dans ce genre de situation où je ne suis déjà pas très à l’aise ! Parce que moi, les explications de texte et de contexte sur les chansons ça m’angoisse. Ca bride mon imaginaire.  Je me colle les écouteurs dans les oreilles en lui marmonnant « Et bien ça tombe bien car moi aussi je suis une personne très particulière ! ». Fred (Delliaux) me colle un coup de pied dans les chevilles que j’ai très fragiles …  pendant que j’appuie sur play. Et là, comment dire… une vraie surprise. Ce que j’entends me surprend au point de me laisser rêveuse. Cette chanson … pardon …  cette « mini œuvre particulière » aux réminiscences classiques, me provoque une émotion très étrange . « … Viens fouler l’herbe tendre, de mes lèvres… » dit-elle au refrain … hum …. Clair que ce genre de poésie et de piano classique fait voyager très loin… mais  qui à part moi et les deux Fred autour de la table et pourquoi ? Oui moi, les chansons qui provoquent des émotions et des interrogations, ça me plait et faut dire que ça m’ouvre l’appétit. On enchaîne avec un dîner improvisé dans un restaurant japonais pas très loin. Là, à côté de la cuisine en open space où trois cuisiniers virtuoses du wok s’emploient  à mettre le feu dans leur grande poêle, on discute tous les trois à bâtons rompus. Fred(Château) ajoute me glisse qu’il aimerait travailler ma voix différemment et que cette chanson  prendrait une magie supplémentaire si je la chantais. Alors entre les nouilles sautées au bœuf et le café, nous convenons d’une date, une date pour que je vienne enregistrer, essayer l’Herbe Tendre en studio…

 

 

Montmorency, 17 juillet 2008

 

Rebelote pour un voyage en campagne  pour retrouver monsieur Frédéric château au studio. Une jolie maison perchée sur une colline, et un espace de travail ou même le soleil s’invite… plutôt rare… je me sens bien dans cet endroit.

Nous entrons vite dans le vif du sujet. Fred tente de me mettre à l’aise mais sur ce coup là les préliminaires c’est pas son fort. Des réminiscences de fleur de lys me chatouillent au moment d’enregistrer. Au lieu du « délivre moi de ma ceinture. Viens en moi petite ordure » que je chantais il y a 10 ans pour Notre Dame,  c’est maintenant un « laisse fleurir tes mains sur mon corps » … alors question épanouissement on a fait du chemin, je confirme,  mais pour l’assurance option confiance en soi, on peut mieux faire. Comment aborder ça derrière un micro ? Supplique douloureuse ou appel désespéré de la chair. Je sais plus, en fait je ne sais pas. En ce moment je ne suis pas amoureuse, et je n’ai aucun de fantasmes auxquels je pourrais éventuellement me raccrocher…. en y réfléchissant bien y’aurait peut être bien brad pitt, mais bon c’est un peu sur fait! Bref à cet instant précis, rien, rien pour m’inspirer !  Conclusion : j’ai vingt seconde pour accorder mon diapason sur la femme que je pense être au fond afin être capable d’interpréter la chanson. Pas de place, pas de place pour la pudeur alors je me lance, je me cherche, pour finalement me perdre dans une sensualité fabriquée par des sons de gorge chaleureux pour mieux mentir. De l’autre côté de la cabine d’enregistrement Fred me dit « tu es une chanteuse qui chante je veux t’entendre ». Déclic, le sang me monte au visage et me voilà partie galopant vocalement façon pouliche intrépide !  Je chevauche les mots avec maladresse mais détermination, puis je m’abandonne dans des pulsions de femme épanouie qui  aimerait qu’on la désire. Contre toute attente, je m’y retrouve, je m’y retrouve malgré mes joues bien rouges et Fred semble être aux anges.

 

C’est ainsi que tout cette histoire a commencé. Lui qui m’avouait n’avoir jamais été particulièrement sensible à ma voix tout en reconnaissant tout de même ses qualités décide après cette séance de s’atteler à un projet plus large, ambitieux et culotté et  il m’imagine…

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