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Paris, Quartier de l’Etoile, 5 Septembre 2008
Avec Pierre-Yves, le début d’une histoire sans paroles….
Pour faire plaisir à Fred, un certain Pierre-Yves Lebert a écrit « Venise 2037 ». Il ne sait pas vraiment qui je suis, mais par curiosité il accepte tout de même de me rencontrer.
Le monsieur a une plume des plus originales et j’aimerais tellement qu’il m’écrive d’autres texte comme « Venise… «
Nous avons rendez vous au café de la Grande Armée » près de la place de l’Etoile pour un petit déjeuner. L’homme étant sensible au charme féminin m’a t’on dit, j’ai tenté quelques atouts. J’arrive les yeux encore plein de sommeil mais le teint halé, les cheveux au vent le décolleté généreux. Il parait.
Je laisse les Fred parler de ce futur album que nous préparons… la rencontre de la pop, du classique de l’opéra … certains de leurs mots arrivent jusque mon cerveau embrumé. Je souris et me contente de balancer timidement quelques trucs juste à coté, et l’ours qui se trouve face à moi semble me trouver touchante. Ce matin là j’étais encore plus petite que d’habitude. Je minaudais par timidité, je ne savais pas dire ce que je voulais exactement dans cet album, je voulais juste qu’on continue de m’imaginer et pourquoi pas, qu’on perce un mystère. Celui que j’ai dans le regard, ce regard qui parfois voyage loin, très loin et qui me donne l’impression que j’ai mille ans. Ce jour là mes yeux ont peut-être embarqué les pensées de Pierre-Yves Lebert, et il a sans doute eu envie de faire ce voyage avec moi. On se fait la bise, on se dit à bientôt.
Quelques nuits blanches me guettent. De quoi j’ai envie de parler, quels sont les sujets que j’aimerais aborder…. C’est pas clair dans ma tête. Une nuit, j’écris un mail à Pierre-Yves, et je lui conte qui je suis, ce qui me fait peur, sur quoi je suis construite….
Quelques jours plus tard, le texte « entre l’amour et le confort » fait déborder ma boîte mail. Magique. De son côté, Fred (Château) lui fait des notes, des partitions. Il m’étonne de jours en jour. Ma garde rapprochée semble fascinée par le projet. Leur enthousiasme emporte mes dernières réticences. Au diable le formatage radio, les chanteuses de variété, les chansons universelles et l’introspection douloureuse. Cet album sera unique C’est un retour au source de la voix et du désir de faire partage de l’émotion
octobre 2008
Mes anciens amours ne ce sont jamais bien loin…. Pascale Schembri m’a déjà écrite sensible, en colère ou osée par le passé… elle m’a entendu femme enfant et aujourd’hui je lui raconte l’amoureuse que je suis. On est en période de vacances scolaires elle peut s’échapper quelques jours de sa Provence, et de son boulot de maman pour affronter le brouhaha des trottoirs parisiens et les regards frénétiques des passants. Elle se sent comme une étrangère quand elle se retrouve à Paris. C’est une femme qui a eu plusieurs vies Pascale, j’en suis certaine. C’est une femme libre qui respire au rythme de ce que son esprit désire.
L’auteur qu’elle est, vénère tous les genres de mots et de maux (enfin de maux dans le sens blessures évidement) elle s’en inspire et les expire dans un souffle généreux… elle ne juge pas, et c’est ça aussi que j’aime chez Pascale. Alors je lui raconte l’histoire d’une amoureuse qui aime jusqu’à s’en oublier et qui même finir par détester quand elle sent la fin arriver. Une femme qui pense tout donner à l’autre mais qui simplement, égoïstement tente de satisfaire une boulimie enfantine, que même trois overdoses successives de Nutella ne rassasieraient pas.
De thé en thé chez moi, il fait doux, le ton est à la discussion, des idées fusent, le fumant du thé jasmin se dissipe et laisse place nette à une silhouette de…. geisha. Bingo, la geisha pourrait être la représentation noble de mon histoire enfin, et j’aurais très envie d’incarner aussi ce fantasme là ! Parce que je suis un peu ça ou presque en fait… ou pas … je ne sais plus… mais le temps à se chercher n’a plus une minute à perdre et cette image me parle. Alors quelques jours plus tard, Pascale, m’e-mail le texte de « Comme une geisha, insoumise, docile à la fois…. » Pendant ce temps-là moi je vais régulièrement chez Fred Château essayer des titres depuis quelques semaines et puis ce jour là, je suis très fière, je lui agite sous le nez le texte que je viens de recevoir de Pascale. Il le lit… puis pas un mot, pas un mot comme d’hab ! Bon faut dire que le garçon n’est pas très expansif mais je vois dans son œil que ces rimes vont bientôt lui trotter dans la tête…
Un jeudi de la fin d’octobre 2008 à Paris, chez Mamie dans le 18ème.
Je suis en plein diner familial chez… mamie ! Dring dring… Fred Château on the phone oh zut…. pour quitter la salle à manger c’est limite si je ne dois pas monter sur la table car il est impossible d’en faire le tour. C’est un paquebot dans une piscine gonflable cette foutue table ! Plan B, j’ai le format qui s’y prête, je me faufile sous les jambes de tata, cousins, cousines, sista, direction le salon pour avoir un minimum d’intimité : « Allo oui, j’ai un truc, j’ai fait un truc, ça tue ! » J’adore sa modestie à mon Fred, ça fait partie de son charme ! « Ca fait deux heures que je la joue en boucle sur ma batterie, c’est eighties à mort, cinématographique, je te l’envoie immédiatement. Tu sais Julie l’album doit être pop aussi et je suis sure que c’est dans la direction qu’il faut aller, j’ai un truc c’est super ! ». Magie de la technologie quand elle ne me boude pas, je reçois au même moment son e-mail avec un MP3 en pièce jointe, que j’écoute direct sur haut parleur. La mélodie a l’air de plaire… ouai… de plaire à mes oreilles mais aussi de plaire au reste de ma famille dans l’autre pièce. Parce que je n’y entends plus rien, ni discussion, ni bruit, ni blabla, tout est calme ! Tout d’un coup ce silence est rompu par une mamie qui crie « C’est servi, je veux TOUT LE MONDE à table !!! » Pendant que je déguste son veau au citron, j’ai dans ma tête cette mélodie de « Comme un Geisha » qui m’agace tellement elle m’obsède les oreilles. Oh ça y est j’ai envie de la chanter…


